Anne Mali

Anne Mali, professeur de dentelles aux fuseaux et à l'aiguille.

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  • Anime des cours, des ateliers et des stages de dentelle.

Rencontre

Après avoir présenté l'atelier d'Anne Mali, l'Atelier de dentelle de Maredret dans nos pages Associations, j'ai eu le plaisir de l'interviewer. Elle nous raconte son parcours et nous conseille sur la dentelle.  

Blue Marguerite : Comment vous est venue l’envie de pratiquer la dentelle ?
Anne Mali : J’ai toujours bien aimé les travaux d’aiguille. Cela va de la couture à la broderie en passant par le tricot, le patchwork, etc. Comme j’avais appris qu’une de mes tantes suivait des cours de dentelle aux fuseaux aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire au Cinquantenaire à Bruxelles, je me suis inscrite chez Madame Simone Jacquemin en octobre 1982. J’ai eu la chance de pouvoir suivre ses cours jusqu’à son décès en 1986. J’ai heureusement pu poursuivre ma formation chez l’une de ses anciennes élèves, Marie-Thérèse Noël. C’est ainsi qu’en près de trente ans de pratique, j’ai appris à maîtriser les techniques traditionnelles de la dentelle aux fuseaux et de la dentelle à l’aiguille.

BM : Vous donnez vos cours de dentelle dans le cadre inédit de l’abbaye de Maredret. Ce paysage exceptionnel influence-t-il votre travail de dentellière ?
Anne Mali : L’abbaye de Maredret, dans la vallée de la Molignée (affluent de la Haute Meuse dinantaise), est un endroit de beauté, de paix et de silence. La communauté des sœurs bénédictines m’encourage beaucoup dans mon travail de dentellière et met à ma disposition une pièce assez grande (beaucoup plus spacieuse qu’à la maison) et très bien éclairée pour mes ateliers, mes cours et/ou mes stages. Mes élèves sont très motivées de se retrouver dans ce cadre superbe et elles viennent toujours avec plaisir.

BM : Y a-t-il un certain type de dentelle ou maître en la matière dont vous êtes inspirée durant votre carrière ?
Anne Mali : Oui, je voudrais faire ici un vibrant hommage à mon premier professeur de dentelle, Madame Simone Jacquemin, qui m’a transmis le goût du beau et surtout le sens de l’effort et de la perfection. De plus, je voudrais aussi faire un éloge du travail remarquable entrepris par ma grande tante Marie Mali (sœur aînée de mon grand-père) qui a créé l’association « Les Amies de la Dentelle » et qui s’est fort occupée du sort des ouvrières dentellières au début du XXème siècle. Par contre, je n’ai pas vraiment de préférence pour un certain type de dentelle. J’aime apprendre de nouvelles techniques et, surtout, j’aime transmettre ce que je maîtrise car la dentelle ne doit pas disparaître !

BM : Comment arrivez-vous à remettre au goût du jour la dentelle à travers des créations modernes (comme vos très originaux colliers) ?
Anne Mali : Je suis abonnée à diverses revues dentellières. J’y trouve des piqués (cartons dessinés), des patrons en quelque sorte. Cela stimule mon inspiration car je n’aime pas me contenter de copier le modèle. J’innove donc toujours en choisissant d’autres couleurs, d’autres fils, d’autres points, d’autres perles, etc. et le modèle devient alors tout à fait différent ! Mais j’ai pris l’habitude de toujours citer la source du modèle original, question de respect pour la créatrice. 

BM : Pensez-vous que la dentelle est une pratique qui risque de disparaître avec le temps ?
Anne Mali : Elle a failli disparaître notamment parce qu’on ne fabriquait plus des fils assez fins. Mais il y a un renouveau dans la dentelle et beaucoup de recherches sont effectuées afin que cet artisanat d’autrefois ne tombe pas dans l’oubli. De plus, dans ce monde effréné où tout le monde court tout le temps, quel bonheur de pouvoir s’arrêter durant quelques heures et de voir l’ouvrage apparaître peu à peu sous mes mains. 

BM : Selon vous, quelles qualités faut-il avoir pour faire de la dentelle ? Doit-on savoir coudre ? Les enfants peuvent-ils aussi en faire ?
Anne Mali : N’importe qui peut faire de la dentelle à la condition expresse que la personne dispose de temps… et d’une bonne vue ! Faire de la dentelle exige beaucoup de temps et non pas tellement de patience comme on le croit toujours. Il ne faut pas savoir coudre pour en faire car c’est une technique tout à fait différente. Comme je le dis toujours lors des démonstrations, il suffit de tordre (droite sur gauche) et croiser (gauche sur droite) les fuseaux et on connaît déjà la base de la dentelle aux fuseaux.
Bien sûr, les enfants peuvent en faire. Ils sont même très intéressés lors de mes démonstrations et comprennent parfois beaucoup plus vite que les adultes. C’est un jeu facile pour eux.

BM : Enfin, pouvez-vous donner aux bluenautes une petite astuce pour toujours réussir ses dentelles ?
Anne Mali :
• Prendre son temps pour réaliser la dentelle.
• Ne pas vouloir aller trop vite en sautant les étapes de l’apprentissage.
• Ne pas hésiter à recommencer si l’on découvre une faute.
• Enfin, toujours attendre quelques heures avant d’enlever toutes les épingles.

BM : Merci Anne

Zoubida
Mars 2011