Maïté Milliéroux

Maïté Milliéroux, artiste de Land Art.

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Maïte Millieroux

Rencontre

Blue Marguerite : Maïté Milliéroux, vous êtes artiste du Land Art, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours artistique ?
Maïté Milliéroux : Je suis à la fois autodidacte en matière d'art, à la fois passionnée de la nature et de randonnées. Il y a quelques années, j'ai fait une démarche pour devenir formatrice en communication relationnelle. A cette occasion, j'ai découvert le Land Art, que j'ai eu envie d'approfondir pour un travail de développement personnel. C'est en lisant les livres de l'artiste Marc Pouyet que j'ai compris que j'étais sur la bonne voie. La nature est comme venue à moi au travers de randonnées et s'est avérée une véritable source d'inspiration.

BM : Certaines de vos oeuvres sont des mandalas. Pour vous, existe-t-il un lien entre le Land Art et les mandalas ?
Maïté Milliéroux : Les mandalas sont utilisés par les bouddhistes pour méditer, lâcher prise et se sensibiliser à la nature. Ils ont une dimension méditative et symbolique. Ils introduisent la notion que l'être humain fait un tout en harmonie avec la nature. Ces éléments sont présents aussi dans le Land Art. Cela commence par l'observation, la sensibilisation, le respect de l'environnement. Nous ne devons pas faire n'importe quoi, ne pas abimer la nature. 

BM : Cette démarche artistique a-t-elle une dimension philosophique ?
Maïté Milliéroux : La dimension philosophique renvoie à un état d'esprit. Je fais un land art accessible à tous. C'est inhérent à cette forme d'art, chacun peut le faire ; il faut seulement se laisser aller. Il y a une notion d'abandon à maîtriser ; je pense qu'il suffit d'essayer.

BM : Certaines personnes pratiquent le Land art en créant des anomalies dans la nature, font des trous dans les buissons, interviennent sur des paysages. Qu'en pensez-vous ?
Maïté Milliéroux : C'est l'artiste Goldsworthy, je crois, qui fait ce genre de choses. J'aime beaucoup contempler les oeuvres des autres, me laisser porter par l'émerveillement. Il m'arrive également d'intervenir sur un paysage, comme la spirale que j'ai faite sur la plage, mais de façon beaucoup plus modeste que Goldworthy, en créant des oeuvres de petites tailles.

BM : A votre avis, le Land Art, doit-il toujours impérativement être produit à l'extérieur ?
Maïté Milliéroux : Pas nécessairement, même si c'est mieux. Cela m'est déjà arrivé de créer en intérieur, de ramasser des éléments et de me mettre sur une table pour faire une réalisation. Mais ce n'est pas tout-à-fait pareil car dehors, on se sent lié à la nature ; avoir les pieds dans l'herbe ou dans les cailloux procure une sensation de communion avec la terre.

BM : Pouvons-nous tous faire du Land Art ?
Maïté Milliéroux : Oui, des enfants en maternelle aux personnes âgées. Certains ont besoin de beaucoup de conseils pour comprendre la démarche. Le mandala est un bon point de départ car c'est une figure régulière de forme géométrique. Les enfants, à l'inverse, vont tout-de suite faire quelque chose de construit que l'on a envie de regarder, d'admirer. Les tout-petits font, par exemple, souvent des maisons ; c'est très touchant, très symbolique.

BM : Le Land Art peut-il avoir un aspect ludique ?
Maïté Milliéroux : Il est possible d'en faire un jeu : par exemple, en Charente, j'avais trouvé beaucoup de galets tous ronds avec lesquels les enfants s'amusaient à construire une pyramide. Chacun à son tour posait une pierre et le premier qui faisait tomber l'édifice perdait. Marc Pouyet, artiste du Land Art, a écrit des ouvrages sur le thème des jeux dans le Land Art.

BM : Est-ce que c'est important que le plus grand nombre puisse voir vos œuvres ?
Maïté Milliéroux : J'ai toujours plaisir quand les gens visitent mon site, sur lequel sont postées des photos de mes oeuvres, et laissent des commentaires. Je tiens des ateliers, organise des randonnées créatives, fais des interventions, notamment dans les écoles. Je participe à des expositions interactives et à des installations in-situ devant les gens. Le principal est de créer des oeuvres auxquelles les gens peuvent participer. 

BM : Comment appréhendez-vous la création, la créativité ? Vous laissez-vous imprégner par les lieux ? Préparez-vous quelque chose en amont, un croquis ?
Maïté Milliéroux : Seule ou à plusieurs, je pars en ballade sac au dos, avec une paire de ciseaux, une poche pour ramasser des cailloux, parfois des pinceaux, et un appareil photo. La nature est toujours pour moi source d'inspiration, je suis ouverte, mon œil observe tout. Pour répondre à votre question, certains artistes font souvent des croquis, moi j'en fais rarement.

BM : Quel sentiment éprouvez-vous devant l'éphémère de l'œuvre, est-ce une notion importante pour vous ?
Maïté Milliéroux : C'est une notion importante pour moi car tout est éphémère, tout se transforme. J'aime retourner sur les lieux pour voir l'évolution des oeuvres. Il y en a une dont j'ai pu photographier la transformation jusqu'à sa complète disparition, car il n'a pas plu pendant deux semaines.

BM : Quels conseil donneriez-vous à ceux qui aimeraient pratiquer cet art ?
Maïté Milliéroux : Qu'ils osent, qu'ils observent, qu'ils se laissent imprégner des lieux. C'est à la portée de beaucoup de gens, cela ne coûte pas cher, pas besoin d'acheter de matériel. Le Land Art est notamment une activité idéale pour les écoles.

BM : Est-ce que l'on pense aux autres, au fait que l'on laisse quelque chose de beau à regarder ?
Maïté Milliéroux : Souvent la création est là où personne ne passe. Si c'est un lieu de passage, si je tarde à me séparer de l'œuvre et que des gens tombent en admiration, cela devient un cadeau fait aux passants. Dans le cas de la spirale ton sur ton, j'étais observée, mais j'étais loin... La prise de conscience du regard des gens attroupés vient seulement ensuite. Quand on crée on est ailleurs.

BM : Pensez-vous que le Land Art soit réservé à la nature, qu'en est-il des villes ?
Maïté Milliéroux : J'ai fait des ateliers avec des gens de la ville près de Cognac. Le Land Art urbain est tout-à-fait possible, bien sûr ! Il suffit de trouver une place, de prendre quelques feuilles, du gravier, de jouer avec les ombres. J'ai la sensation que les possibilités sont infinies. Il y a tellement d'endroits à explorer...

BM : Et vous, que préférez-vous ?
Maïté Milliéroux : J'aime la nature, son côté sauvage et ma préférence va à la mer en toutes saisons. Sinon j'affectionne le printemps et l'automne. J'aime cueillir de jolies fleurs que je coupe dans mon jardin ou dans la nature quand elles sont sauvages. Cependant, si je devais sélectionner quelques photos à accrocher dans mon salon, je choisirais les coquillages ou les pierres de bord de mer.

 

Sharon
Juillet 2010

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